Leçons de worldbuilding : L’appel des flammes

Après L’Ogre de PENTA, j’ai eu l’occasion de lire un autre roman des Éditions Néblueuses. Cette histoire, riche en aventures et à l’imaginaire foisonnant, méritait elle aussi d’être le sujet d’une leçon de worldbuilding.

Sans plus attendre, plongeons dans cet univers fantastique!

Qu’est-ce que L’appel des flammes?

L’appel des flammes (lien d’affiliation) est le premier tome de la duologie Le secret des Exilés et également le premier roman de Sophy Lambert-Racine. Publié aux Éditions Nébuleuses, il raconte le parcours de Noha, simple guérisseuse, dont la vie sur son île va chambouler le jour où un homme blessé ressort d’un portail magique. Il est maudit par une sorcière, elle est prisonnière de ses propres mensonges. Pour sortir de leur situation respective, ils n’auront pas le choix de s’unir par un mariage de convenance. Toutefois, Noha est loin de se douter que cette alliance avec celui nommé Lorens va l’entraîner malgré elle dans un complot politique…

Mélange de romance et de fantasy, L’appel des flammes dévoile un monde inspiré par la mythologie nordique. À l’aide d’extraits présentés ci-dessous, examinons de plus près le mode de vie des habitants, les divinités ainsi que le système de magie de cet univers.

Les choix de vie à Lysgard

Dans le premier extrait, nous retrouvons la guérisseuse Noha, qui a repris le rituel de purification interrompu plus tôt par l’arrivée surprise de Lorens :

Elle savait qu’elle ne devait pas être ingrate. Le simple fait de servir l’une des déesses de la Trinité constituait un honneur exceptionnel. Elle ne cesserait jamais d’être reconnaissante envers dame Oda de l’avoir guidée vers la vocation de prêtrise. Dans le petit trou ennuyeux qu’était Lysgard, les jeunes villageois avaient un avenir bien insipide. Les hommes pouvaient devenir fermiers et pelleter de la merde de mouton ou peut-être devenir pêcheurs, s’ils se sentaient aventuriers… la houle pardonnait peu. L’avenir de la gent féminine n’était guère plus reluisant. Condamnée à pelleter du fumier en plus d’élever la marmaille…

Tout d’abord, il est important de préciser que Lysgard se trouve sur une île, à l’ouest du continent constitué du duché du Griffon et du Coeur-Empire. Considérant la rareté des terres, il n’est donc pas étonnant d’y voir l’élevage de bêtes de petite taille, à l’opposé de l’élevage bovin, qui demanderait plus de ressources. Quant au métier de pêcheur, il est effectivement risqué en haute mer, même de nos jours, alors que les marins demeurent confrontés à des accidents, des naufrages ou de la piraterie.

Une autre précision à apporter : deux des déesses de la Trinité accordent des pouvoirs magiques à leurs prêtresses. Ainsi, la prêtrise n’accorde pas seulement un statut symbolique, mais aussi spécial alors que la magie se fait rare dans les endroits isolés tels que Lysgard.

Les déesses et leurs domaines

Avec le prochain extrait, Noha venait de terminer la correction des derniers examens des aspirantes prêtresses d’Airmid. En chemin pour porter la liste des candidates prometteuses à dame Oda, elle entra dans la salle de prières où se trouvaient les monuments des trois déesses de la Trinité :

Plusieurs villageois se recueillaient devant la statue de bronze d’une femme au regard féroce, grande et rectiligne, avec un glaive porté vers le ciel: Babd Catha. Celle à qui Henrik et Halvar avaient prêté serment. Les Lysgardiens lui demandaient une fois de plus sa protection puisque les rumeurs de démons rôdant aux alentours en avaient ébranlé plusieurs. La statue d’Anu, avec sa couronne, ses ailes de cygne et son ventre rebondi de femme sur le point de mettre au monde, était désertée. Les villageois la visitaient plus souvent au début et à la fin de la période des moissons.
Quelques villageois s’inclinaient aussi au pied de la statue d’Airmid, couverte d’une longue toge comme Anu. Elle avait les cheveux ornés de feuilles et de plumes et fixait l’horizon d’un air pensif. Fidèle à son habitude, Noha se recueillit quelques instants devant le monument de sa déesse mère, pour la prier de leur confier plus de recrues divines cette année. Elles allaient en avoir grandement besoin…

Côté narration, il s’agit d’un moyen classique (mais efficace) de présenter les déesses et leurs domaines respectifs. Nous avons Babd Catha, dont le combat et la protection sont représentés par son glaive et son attitude guerrière. Par la suite, nous avons Anu, dont l’état de femme enceinte exprime la fertilité alors que le cygne est reconnu comme symbole d’amour et de fidélité. Et nous avons Airmid, déesse de la guérison, possiblement couverte de feuilles médicinales.

Un détail intéressant à souligner est ce besoin pressant d’avoir plus de recrues pour servir la déesse Airmid. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, la magie est rare, sauf dans les grandes villes. Cependant, il y a d’autres raisons pour lesquelles Noha souhaite que sa prière soit exaucée. Bien entendu, elles ne seront pas révélées ici, histoire de t’inciter à les découvrir en lisant le livre.

Une magie aux effets pragmatiques

Dans le dernier extrait, Noha demande à son nouvel époux de lui parler de la transmutancie, une forme de magie qui offre de nombreuses applications pratiques :

– Ta gouvernante. Dame Oda. Sais-tu comment ils pourront lui retirer ses cataractes?
Elle haussa les épaules.
– Une incision quelconque par rayon de mana, j’imagine?
– Pas tout à fait. Pour quelques chirurgies mineures, comme retirer certaines parties à l’intérieur du corps, par exemple, on peut y arriver par microportail.
– Micro… quoi?
– Un minuscule portail dans son œil qui permet au médecin d’ôter ce qui gêne et de le remplacer par mieux… sans incision externe.
Noha faillit se décrocher la mâchoire.
– Tu bouffonnes? Ils peuvent opérer sans ouvrir? C’est dingue!
– Pareil pour toutes ces femmes qui n’arrivent pas à mettre bas.
– Attends, attends, marmonna-t-elle, ses pensées tournoyant au même rythme que ses pas. Mais comment ils font pour couper le cordon ombilical? Retirer le placenta?
– Pour les accouchements difficiles, il y a des incisions externes, certes, mais beaucoup plus petites que ce qu’ils faisaient jadis aux femmes.
– Et qui les faisaient mourir sur la table, marmonna Noha, en pensant à un ou deux mauvais souvenirs de guérisseuse. Mordiable, attends que je parle de ça à Irene!

Voilà un aspect que j’ai beaucoup apprécié dans l’univers de Sophy Lambert-Racine. En donnant un exemple concret (le microportail), on retrouve différentes applications de la magie permettant d’améliorer les conditions de vie, voire de sauver des vies. Dans le cas de dame Oda, le fait de lui retirer ses cataractes lui redonnerait la vue, lui donnant entre autres la possibilité de continuer sa pratique médicinale. Et, bien sûr, on ne peut passer sous silence la contribution du microportail à la santé des femmes et des enfants. Surtout lorsqu’on sait que la césarienne était souvent synonyme de mort avant l’arrivée de techniques modernes et des antibiotiques…

Comme tu peux le constater, le monde du Secret des Exilés est hostile dans les régions éloignées, notamment à Lysgard, lorsqu’on constate son faible niveau économique, sa rareté de personnes pratiquant la magie ainsi qu’une médecine rudimentaire. Toutefois, cela ne signifie pas que la qualité de vie soit meilleure dans le duché du Griffon et au sein du Coeur-Empire. Pour en savoir plus, je t’invite à lire L’appel des flammes et à découvrir d’autres aspects du worldbuilding élaborés par Sophy Lambert-Racine.

Sur ce, bonne réflexion! 😀

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Mélange de romance et de fantasy, L’appel des flammes dévoile un monde inspiré par la mythologie nordique. À l’aide d’extraits présentés ci-dessous, examinons de plus près le mode de vie des habitants, les divinités ainsi que le système de magie de cet univers. #worldbuilding #romantasy #fantasy

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