L’année 2024 a été riche pour les éditions Lux&Nox, qui ont publié une dizaine de livres de genres différents : fantasy, science-fiction, romance et plus encore! Pour notre prochaine leçon de worldbuilding, nous examinerons un roman québécois qui propose un univers original.
Qu’est-ce que Le fléau d’Angarie?

Le fléau d’Angarie, premier tome de la duologie L’Énigme de la Psychée, est un roman de Julie Desjardins publié chez les éditions Lux&Nox en juillet 2024. On suit les mésaventures d’Oriane Facultaire, membre d’une famille influente, qui doit fuir sa demeure afin de protéger son frère aîné. En se perdant dans la ville d’Angarie, elle tombera sur les adelphes Tormery, Sassia et Mélian, deux inventeurs qui l’hébergeront. Entre-temps, le Fléau d’Angarie, organisation criminelle, planifie l’assassinat d’une personne importante de la Faculté. Oriane saura-t-elle déjouer ce complot à temps?
Ce livre, qui s’inscrit dans le courant solarpunk, se compose d’un univers propulsé par les énergies renouvelables, que ce soit l’énergie solaire, l’énergie éolienne ou celle fournie par les cristaux. On y trouve également des inventions, qui contribuent à ce worldbuilding unique souligné par l’autrice. Voici quelques exemples tirés de son œuvre.
Un support visuel
Dans ce premier extrait, Oriane croise son frère aîné, Diophane, au cours d’une réception donnée par son oncle. Recteur d’Angarie, Diophane est présentement occupé par des recherches jugées importantes :
Diophane sembla hésiter un bref instant, ce que sa sœur jugea inhabituel. Toutefois, il se reprit rapidement. Pour illustrer son propos, il sortit de sa manche une belle paire de lunettes à la monture dorée. Des imaginocles : un appareil qui faisait apparaître des illusions. On ne s’étonnait pas, dans les réceptions universitaires, de voir apparaître des hologrammes lorsque quelqu’un venait de déplier ses imaginocles pour déployer ses formules mathématiques en traits blancs dans les airs.
Les yeux affublés des larges bésicles, Diophane montra à Oriane un hologramme d’un système atomique, suspendu entre leurs têtes. Les électrons gravitaient autour du noyau au gré des paroles de Diophane.
Dans cet extrait, c’est la première fois que nous voyons apparaître les imaginocles, qui se révéleront en tant qu’outil pratique pour Oriane. En effet, non seulement cette paire de lunettes peut servir de support visuel à un exposé scientifique, elle peut aussi servir à tromper la vigilance des personnes aux alentours. Il existe d’autres utilités pour cet appareil, mais je ne vais pas m’étendre davantage sur le sujet. 😉
Une trace d’histoire
Dans l’extrait suivant, nous retrouvons Oriane, qui est en route vers la gare d’Angarie dans le but de protéger son frère. Elle se trouve présentement à la place Allègre, là où se croisent les grandes artères de la cité :
Elle se fraya un chemin dans la place Allègre pour se diriger vers le boulevard des Négoces. En passant le monument de l’ancien monde, elle ne put s’empêcher de ralentir jusqu’à presque s’arrêter pour admirer les fresques représentant l’histoire de la fondation des cités d’Estria. Les images représentaient les regroupements rescapés du cataclysme, venus de partout dans l’ancienne Europe, décidés à bâtir ensemble une communauté dont les décisions reposeraient sur la science. Ainsi, les cités avaient été créées dans le but d’offrir des havres dans le monde dévasté et de travailler à sa reconstruction.
Il est intéressant de noter la présence du monument de l’ancien monde, qui rappelle l’histoire du cataclysme ainsi que les conséquences qui y sont reliées, notamment la création du pays d’Estria et de ses cités, incluant Angarie. De plus, ce style de monument peut être considéré comme un moyen pour l’autorité (c’est-à-dire les scientifiques) de rappeler aux citoyens les origines de leur pays ainsi que les valeurs sur lesquelles repose leur gouvernement.
La vie de quartier
Avec ce dernier extrait, nous visitons la nouvelle vie d’Oriane, qui habite dorénavant dans la quincaillerie des Tormery. S’étant réveillée tôt, elle décide de sortir pour aller manger, découvrant par cette occasion les autres bâtiments au fil de son exploration :
Le quartier était coquet, d’une tout autre façon que la beauté pompeuse de la faculté, de l’élégance pragmatique de l’hôpital ou du chic du boulevard des Négoces. Des plantes potagères enjolivaient les fenêtres des multiples maisons basses serrées les unes aux autres. Elle croisa la boulangerie à trois portes de la quincaillerie, et un peu plus loin, une pédagogie. Dans une rue transversale, elle aperçut la gargote où travaillait Faël puis reconnut l’échoppe des bocaux. Elle dénicha aussi une bibliothèque, coincée dans l’intersection de plusieurs potagers grillagés. L’endroit parfait pour débuter ses recherches sur l’hypnotisme. Malheureusement, la porte de cet établissement, à l’instar de tous les autres, restait close à la clientèle.
Il est pertinent de souligner ici la présence de potagers, qui représente le retour à la nature dans le genre solarpunk, ainsi que celle de l’échoppe des bocaux, qui démontre bien l’importance de la réutilisation des contenants (et donc l’importance de la préservation de l’environnement dans le solarpunk). De plus, l’utilisation du mot « pédagogie » pour désigner une école prouve bien à quel point le vocabulaire des gens d’Angarie est différent du nôtre. D’ailleurs, l’autrice fait également usage de mots épicènes pour représenter l’égalité des genres dans les métiers : cherchaires, directaires, antidotaires, etc.
En se basant sur ces extraits, on peut aussi remarquer le penchant de Julie Desjardins pour les sciences, ce qui est tout à fait normal, puisqu’elle enseigne les mathématiques à l’Université de Toronto. Si j’avais un seul conseil à te donner, c’est d’insuffler tes passions (autres que l’écriture et la lecture, bien entendu) à tes histoires. Ainsi, tu ajoutes une touche personnelle qui saura rejoindre tes lecteurices.
Sur ce, bonne réflexion! 😀
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