La romantasy est un genre littéraire très populaire, surtout dans le milieu anglo-saxon. Pour être honnête, j’ignore quelle est la situation actuelle en France, mais au Québec, on voit apparaître plusieurs titres de ce genre, incluant L’appel des flammes de Sophy Lambert-Racine, qui a fait l’objet d’une leçon de worldbuilding sur ce blogue.
Pour la nouvelle leçon, plongeons cette fois-ci dans un univers sombre et envoûtant!
Qu’est-ce que L’ombre de la lune?

L’ombre de la lune (lien d’affiliation) est le premier tome de la trilogie Le Prince de la Mort. Écrit par Charlotte Massie, ce livre a été publié chez les Éditions du Bouclier en 2026. Il raconte l’histoire d’Azraël, le fils du duc de la Cour de la Lune. Dans sa quête pour connaître ses origines, il se fera malheureusement empoisonner. Heureusement, il peut compter sur Adelle, une jeune guérisseuse, avec qui il va cheminer vers les montagnes de Dreonyth pour trouver un remède.
Associé à la romantasy, L’ombre de la lune est un mélange de fantasy et de romance, avec des intrigues politiques et des thèmes matures. C’est aussi un monde à la fois féérique et dangereux, que nous allons explorer à l’aide d’extraits présentés ci-dessous.
Une alliance cruciale
Dans le premier extrait, Azraël a été convié à un bal organisé en honneur par Neil, le duc de la Cour de la Lune. En effet, derrière cet événement se cache un objectif important pour Caelora, le royaume dans lequel fait partie notre héros :
Neil avait convié à la soirée les partis les plus influents de la noblesse de Caelora ainsi que des dynasties d’au-delà l’océan. Me marier à une jeune femme issue d’une famille riche et puissante permettrait de tisser une alliance cruciale pour nos succès militaires futurs. Et nous en avions bien besoin. Depuis maintenant cinq ans, les deux royaumes de l’île de Faeriola, Caelora, au sud, et Dreonyth, au nord, luttaient pour le contrôle de leurs régions frontalières. Le royaume nordique perdait de plus en plus de terres fertiles en raison du refroidissement drastique de son climat, un changement qui, selon les informations reçues par mon père et son conseil, trouvait sa source dans les montagnes, où une force magique destructrice se terrerait. Sous l’influence de celle-ci, le nord de Feariola se refroidissait, tandis que le sud s’asséchait. L’île était trop petite pour supporter d’aussi grandes perturbations et, face à la perte de territoire, chaque royaume cherchait désormais à piller son voisin.
Il existe plusieurs raisons de mener une guerre, et l’acquisition de ressources en fait partie. Dans ce cas-ci, c’est celle de terres fertiles, menacées par une magie dévastatrice.
Quant au mariage, il était souvent utilisé par la noblesse pour obtenir un avantage politique, voire pour mettre fin à une guerre. Par exemple, dans l’Angleterre du XVe siècle, le mariage entre Henri VII et Élisabeth d’York a permis d’unir deux maisons rivales, la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York, donnant naissance à la dynastie Tudor.
Autre exemple : le mariage du roi Louis XVI avec Marie-Antoinette fait suite à la défaite de la France après la guerre de Sept Ans (1756-1763). Ainsi, ce mariage représenterait une alliance entre la France et l’Autriche face à la puissance de la Grande-Bretagne.
Une poudre spéciale
Dans l’extrait suivant, Azraël met en branle un plan pour fuir Leallenor, là où siège la Cour de la Lune. Parmi ses effets personnels se trouve une poudre spéciale appréciée par ses semblables :
Le temps s’écoulait comme le courant rapide d’une rivière. Je me précipitai dans ma chambre et y ramassai quelques vêtements que je fourrai dans un sac de voyage. Je bouclai à ma taille un baudrier en cuir et y glissai mon épée de fer noir, puis j’y accrochai également une pochette en coton remplie de poudre du Grand Aster bleu. Tous les guerriers de la Cour de la Lune disposaient d’une provision de cette fameuse poudre. Celle-ci protégeait les pouvoirs et la santé des elfes, leur donnant une décharge d’énergie et les maintenant en vie en cas de blessure trop importante pour guérir naturellement. Tous les elfes possédaient la capacité de cicatriser et de se rétablir en quelques heures, voire quelques minutes. Toutefois, des lésions critiques pouvaient nécessiter une aide supplémentaire, comme celle des guérisseurs ou de la poudre du Grand Aster bleu. Cet arbre poussait au sud de Faeriola et appartenait à la Cour de la Lune, même si les autres régions de Caelora relançaient chaque année le débat concernant le partage de son exploitation. Des elfes de la Cour du Soleil ou de la Citadelle d’Astril rôdaient toujours autour de ce précieux spécimen. C’était pourquoi l’arbre était protégé par une armée de braves et féroces fées de feu.
Dans ce paragraphe, nous y trouvons plusieurs informations importantes : l’origine de cette poudre, ses propriétés miraculeuses, les factions convoitant cette ressource, mais aussi les moyens mis en place pour la protéger.
De plus, nous en apprenons plus sur les capacités des elfes à guérir rapidement, leur permettant alors de revenir à l’action plus tôt que prévu. Bien entendu, cette poudre du Grand Aster bleu va jouer son rôle tout au long de ce premier tome.
Un monstre conçu pour la guerre
Enfin, dans le dernier extrait, Azraël se trouve dans les champs dorés de la Cour du Soleil. Mais ce moment de répit sera de courte durée :
Le jour levant faisait briller ma peau hâlée. Déjà, je pouvais sentir l’influence des rayonnements solaires sur mes pouvoirs, qui circulaient dans mes veines avec vigueur. Mais alors que je me réjouissais de cette chaleur bienfaisante, je fus confronté à un sévère rappel que tout n’était pas chaleureux et paisible ici, car devant mes yeux venait d’apparaître l’une des terribles conséquences de la guerre qui déchirait les deux royaumes de Faeriola.
Le roi de Dreonyth avait envahi, voilà déjà bien longtemps, les Terres du Nord, une région qui s’était transformée en un cruel champ de bataille, et, de temps en temps, d’immondes créatures issues des expériences macabres d’Hébert y étaient relâchées. Je ne croyais pas qu’elles s’étaient déplacées aussi au sud, mais c’était de toute évidence le cas : à seulement quelques mètres de moi se tenait désormais un monstre à la taille démesurée. La bête devait faire plus de six mètres de haut et était dressée sur ses deux pattes arrière. Elle possédait des écailles blanches, semblables à celles d’un reptile, et trois cornes de grosseurs différentes sur le dessus de son crâne. Son corps imposant se prolongeait par une queue de rat parsemée d’épines empoisonnées. Il s’agissait d’un Yibeka, une créature venimeuse et mortelle, créée pour tuer et détruire tout sur son passage.
Voilà un extrait que je trouve pertinent, puisqu’il existe différentes conséquences face à une guerre : des terres brûlées, des familles forcées de s’exiler, des épidémies pouvant surgir suite à des corps sans sépulture, etc. Ici, nous avons le cas d’une création hors de contrôle, c’est-à-dire une créature dangereuse pouvant mettre en danger autant des guerriers que des personnes innocentes. Qui sait quels dommages cette bête a-t-elle pu causer depuis les Terres du Nord jusqu’à la Cour du soleil…
Fait intéressant : les extraits présentés ci-dessus se trouvent dans les 60 premières pages du livre, alors que celui-ci en fait plus de 500! Si tu veux plonger dans une aventure rocambolesque, avec des personnages sombres, des sentiments d’amour puissants ainsi que des secrets anciens concernant l’île de Feariola, je t’invite à découvrir le premier tome du Prince de la Mort.
Sur ce, bonne réflexion! 😀
Tu as envie de mieux décrire les éléments magiques de ton univers fictif? Procure-toi Big Bang Worldbuilding, mon gabarit conçu pour Notion!
